Après le coup de blues, voici le coup de colère !!


Retranscription du journal local de Canal FM, le 09 juillet à 09h00, par Paul Schuler.

Le coup de colère de Jean-Luc Pérat, le maire d’Anor pour défendre son projet d’implantation d’une usine à pellets.SAM_1281

Malgré les pressions et la manifestation de lundi matin, organisée par le collectif Anor Nature contre le projet d’implantation d’une usine à pellets sur la ZAC Saint Laurent à Anor, Jean-Luc Pérat le maire d’Anor et président de la communauté de commune du Sud Avesnois a bien l’intention de défendre jusqu’au bout son projet, porté par un entrepreneur privé. Après avoir rencontré lundi pendant plus de deux heures une délégation du collectif Anor Nature, Jean-Luc Pérat tient ce matin a démentir tous les arguments avancés par les opposants à l’usine à pellets. D’après lui, il n’y aura pas de pollution nocive, pas de déforestation massive et pas de passage intensif de camions. Écoutez la réaction de Jean-Luc Pérat, le maire d’Anor :
« Au bout d’un an, on n’aura pas coupé toute la forêt d’Anor, toute la forêt de Trélon, toute la forêt d’Ohain, etcétéra. Le rayon d’action est à peu prés à 100 km autour d’Anor et je rappelle aussi que ce sont pas des bois nobles, hein, ce sont des bois de deuxième catégorie et aussi des bois de récupération, palettes et autres, qui seront mélangés de façon à créer les euh les pellets. Puis dernier point, c’est, euh, l’approvisionnement parce qu’au début on a dit waih y va y’avoir 300, 400, 500, 800 camions. On est dans l’exagération totale. Ce qui est programmé c
’est entre 30 et 50 camions. Et py pourquoi Anor, pasc’ qu’à Anor ya une voie ferrée et que sur cette voie ferrée on peut y faire un sous embranchement, qu’elle est privée et qu’elle permet justement toute latitude, à la fois pour la carrière d’acheminer les granulats et pour le porteur de projet de livrer les différents lieux avec justement le rail. J’pense que ça s’inscrit dans le développement durable, ça s’inscrit dans la responsabilisation. Je connais aussi l’association. Elle est contre l’usine à pellets. Demain elle sera contre l’extension de la carrière de Glageon-Trélon, demain elle sera contre l’aménagement de la RN2, demain elle sera contre le parc à éolien si y’a un parc éolien et après-demain elle sera contre tout aménagement, etcétéra. C’est-à-dire que concrètement moi je n’les connais que sous le, la forme du contre, c’est-à-dire qu’on ne fait rien, on ne touche à rien. »

 

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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