Les mensonges de l’étude d’impact !


Voici ce qu’on peut lire dans l’étude d’impact page 121, concernant les polluants dû au trafic routier et ferroviaire :
« Ces émissions ont été considérées dans l’évaluation des risques sanitaires (voir annexe 3). Il apparaît qu’elles sont négligeables au vu des émissions de la chaudières ».

Il aurait plutôt fallu écrire qu’elles sont additionnables aux émissions de la chaudière. Surtout que plus bas sur la même page on explique que : « (…) les faibles émissions des véhicules particuliers en comparaison des poids lourds nous a permis d’exclure ces émissions de l’évaluation des risques sanitaires. » On pourrait ajouter que les émissions de la chaudière (290 tonnes/an de polluants), par rapport à la centrale nucléaire de Gravelines, apparaissent négligeables dans l’évaluation des risques sanitaires.

Vous en voulez d’autres, parce qu’il y en a plein comme ça :
Concernant l’expédition de granulés par camions :
=> Étude d’impact page 98 : « 30 000 t/an – Poids lourds de 38 tonnes – Capacité 25 tonnes – Nombre 1200/an. C’est sur le schéma du process.
=> Étude d’impact page 135 : « (…) expédition des granulés par camions (…) 30 000 tonnes par an à l’aide de semi-remorques de 44 tonnes de PATC, pour 30 tonnes de charge utile, ce qui représente environ 1000 camions par an, soit une moyenne de 4 camions/jour.
Et que ce soit 1000 ou 1200 camions/an ça fait toujours 4/jour. En fait il y a deux version et on peut choisir celle qu’on veut. Mais les autorités qui ont approuvé ce projet n’ont pas choisi puisqu’elles n’ont rien vu !!

Camions de bois.jpg

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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