Mais d’où va venir toute cette eau ?


Afin de vous montrer qu’on ne dit pas n’importe quoi à propos de cette usine de pellets, je vous cite un point qui pose problème parmi plusieurs dizaines déjà trouvés dans l’étude d’impact de ce projet.
Et il suffit de lire les documents officiels qui sont cités ci-dessous :
Résumé non technique (2) page 17 : «Pas d’utilisation d’eau dans le process».
Encore un mensonge! L’usine de pellets de Cosne/Loire a été autorisée à forer dans la nappe phréatique afin de tirer 10 000 M3 d’eau par an. D’après la Fédération Nationale du Bois (FNB) l’air pulsé dans les chambres de séchage n’est pas sec. S’il l’était, cela altèrerai la qualité du bois, compte tenu des températures élevées dans le séchoir (180 à 240°C). Il est donc nécessaire d’ajouter un humidificateur d’air qui fonctionne avec de la vapeur d’eau et c’est l’équilibre chaleur humidité qui permet un séchage de bonne qualité. Il y aura donc utilisation d’eau dans le process.
Par ailleurs, l’arrêté préfectoral (article 3.1.4) prévoit qu’un « arrosage des pistes et voirie est effectué en période sèche, afin d’éviter la dispersion de poussières.»!!
Mais d’où va venir toute cette eau, puisque l’arrêté préfectoral (article 4.1.1) autorise un prélèvement maximal d’eau du réseau public de 100 M3 par année, pour les sanitaires ?

P1040188

Une des 4 mares prairiales, oubliées par le bureau d’étude.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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