Jean-Luc Pérat sur Canal Fm


L’interview, retranscrit par Charles Quint, de Jean-Luc Pérat, maire d’Anor, président de la communauté de communes Sud-Avesnois, ex- conseiller général du canton de Trélon, dans laquelle il commente la désormais célèbre « usine à Jef' » (à partir de 5mns environ jusqu’à la fin). « Jean-Luc Pérat réagit après sa défaite aux départementales ». Voici la retranscription :
« (…) Voilà après, j’ai composé moi, je ne pouvais pas revendiquer aut’chose puisque j’étais, j’étais désigné. Un peu, un peu compliqué. Bon puis je pense qu’il y a aussi des choses comme sur Anor j’ai certainement été victime un peu de l’usine à pellets des gens qui ont voté peut-être autrement que ce qu’ils auraient voté s’il y avait pas eu ce dossier. Bon ça a permis à certains de faire remonter des rancunes des rancœurs. Bon ce qui me rassure un p’tit peu, c’est que ça ne fait vraiment pas l’unanimité.
Mais ce que je ne comprends pas, c’est qu’il y a quand même une démarche d’explication, de mobilisation. J’rappelle quand on est élu, on est au service de l’emploi, au service du développement économique. Pas n’importe comment mais on est aussi là pour faire en sorte que nos habitants puissent trouver sur le territoire des entreprises correspondant à des formations, correspondant à des besoins et vous vous doutez bien que dans un domaine de l’environnement, y a bien des contraintes, des conditions, qui font qu’aujourd’hui, tout réuni, permet au préfet de donner le feu vert sur ce type d’initiative. »
Question du journaliste : « Combien d’emplois justement ce dossier-là… »
Réponse : « Autour de 25 emplois. J’vais pas vous dire 24 ou 26, autour de 25, bon parce qu’aujourd’hui tous les voyants sont au vert et notamment celui qui semble le plus important, c’est-à-dire celui du préfet qui a donné l’autorisation d’exploiter donc… »
Question : On ne peut donc pas implanter une usine comme ça à la légère, c’est bien ça ?
Réponse : Bon les élus font pas tout et n’importe quoi même si certains le disent ou l’écrivent. Aujourd’hui, vous vous doutez bien que ça n’a plus rien à voir avec l’implantation d’une entreprise il y a un siècle ou y a même 50 ans. Si vous voulez, c’est sûr qu’il y aura des camions, entre 30 et 50 par jour, mais quand vous ramenez à l’heure, ça fait 2 camions à l’heure. Faut pas non plus noircir un tableau. Les livraisons se feront par la route et l’exportation c’est-à-dire euh par le train. Et pourquoi Anor ? Parce qu’il y a une voie ferrée juste à côté et qu’elle peut être aménagée, voilà. On avait proposé la gare de Fourmies, sur la partie Dewez etc. Mais le problème c’est que les camions seraient passés en ville donc j’pense que le choix a été un choix particulièrement, un choix judicieux qui a été tout à fait adapté. »

Commentaire :
Je pense qu’il ne faut enlever à Jean-Luc Pérat le fait qu’il ait cherché avec ce « dossier » à aider la création d’emplois. Mais qu’il ne nous enlève pas à nous le souhait de voir cette usine « d’il y a 100 ans »  s’implanter loin des zones d’habitations, avec des garanties sure ce que Jef’ aura comme obligation lorsque son usine ne sera plus utile/rentable/vieillotte… par exemple. Paiera-t-il pour recycler la friche, pour dépolluer, pour remettre nos pâtures en état, pour rembourser tout ou partie des subventions publiques perçues ?…

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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